On ne dit pas j’ai crevé

Enora Boëlle — le joli collectif

tout public dès 9 ans / durée : 1h

Et si on commençait par la fin ? Qu’est ce qui se passe quand la machine s’est arrêtée ? Le cœur, la respiration, la pensée.

Imaginons qu’on regarde ça d’ailleurs, comme un témoin invisible, dénué de toutes sensations. Pas de cris, pas de larmes mais un œil nouveau et parfois amusé sur la fin de la vie. Et si on se disait que regarder tout ça en face nous permettait de mieux vivre ?

Une table en inox, un drap or, une enseigne affichant le mot FIN au-dessus de sa tête, c’est dans cet espace clinique qu’une défunte toute fraîche virevolte. Entre l’annonce de son décès par le médecin, les soins de la thanatopractrice, une visite au funérarium avec le conseiller et la cérémonie d’au revoir, On ne dit pas j’ai crevé propose une expérience pour apprivoiser la mort, accepter de vivre avec, sans pathos, avec joie et résilience.

Extraits
« Je reste seule dans cette pièce où la température est maintenue à 4°. C’est une sorte de réfrigérateur, on m’a déposée là pour ralentir la putréfaction de mon corps. La putréfaction. Ce n’est pas un gros mot, cela désigne la pourriture des chairs qui commence dès qu’un corps perd la vie, on peut aussi dire thanatomorphose, c’est encore plus précis et puis ça permet de faire des rimes en « ose ». Comme rose, grandiose, morose, décompose, apothéose !
[…] J’ai une drôle de mine. Je ne sais même pas si je me ressemble.
On dirait une statue ou une image.
Sage comme une image.
Si j’étais en vie je dirais un foutu bordel de gros mot.
Madame Styx arrange une mèche de mes cheveux et éteint la musique. Elle ne me dit pas au revoir, on sait toutes les deux qu’on ne se reverra pas. »


représentations scolaires :
J.21 / 10:00 + 14:00
V.22 / 10:00 + 14:00


En partenariat avec le Festival Marmaille, du 19 au 29 octobre, Lillico, Rennes.
www.lillicojeunepublic.fr


coproduction du théâtre de poche

 


Informations pratiques



Générique

Concept, jeu et mise en scène : Enora Boëlle
Co-écriture : Enora Boëlle et Robin Lescouët
Assistante à la mise en scène : Marine Prunier
Création musicale : Rouge Gorge
Création lumière : Anthony Merlaud
Costumes : Angèle Micaux
Construction décors : Alexandre Musset et Alan Floch
Régie lumière & son : Nina Ollivro ou Anna Geneste
Appui philosophique : Hélène Réveillard
Regards extérieurs ponctuels : Marion Delabouglise et Vincent Collet

Production et diffusion : Elisabeth Bouëtard et Rachel Dufief
Production : Théâtre de Poche / le joli collectif
Coproduction : Rennes – Lillico – scène conventionnée d’intérêt nationale art, enfance, jeunesse / Rennes – La Paillette, Maison des Jeunes et de la Culture / Rennes – Chez Robert / Centre Culturel de Pordic – Communauté de Communes Erdre & Gesvres. Avec le soutien du Théâtre du Cercle / Rennes, du Théâtre Dunois / Paris
Ce projet a reçu l’aide à la production du Ministère de la Culture – DRAC Bretagne.

Bio

Enora Boëlle est née en 1980 en Bretagne. Metteuse en scène, comédienne et fondatrice du joli collectif, elle est titulaire d’un Master mise en scène et dramaturgie à Paris X – Nanterre et a travaillé depuis une quinzaine d’années sur de nombreux textes contemporains.
De 2010 à 2019, elle codirige le Théâtre de Poche à Hédé-Bazouges – Scène de territoire Bretagne romantique et Val d’Ille – Aubigné. Fin 2019, elle se consacre exclusivement à son activité de création mais demeure une artiste active au sein du collectif.
Depuis 2016, elle développe un travail en solo qu’elle porte au plateau et met en scène. Elle ouvre des espaces de témoignage entre théâtralité et autofiction au cœur d’un espace scénique souvent vide, laissant la place au corps dans une expression textuelle et chorégraphiée.
Ces dernières années, les réflexions autour de la construction des identités, l’affirmation de soi ou comment trouver le courage d’être qui l’on est, jalonnent son travail.
Ce parcours débute avec Moi, canard (2016), une adaptation du conte Le vilain petit canard par Ramona Badescù, à qui elle passe une commande d’écriture.
Elle plonge ensuite dans les méandres de l’adolescence et crée J’ai écrit une chanson pour MacGyver (2017), un spectacle auto-documentaire.
Le confinement du printemps 2020 la pousse à créer Sac à dos (2020), une forme courte qu’elle joue en salle de classe. Il y est question d’émancipation par la marche à pied.
Son quatrième projet en solo On ne dit pas j’ai crevé, sort en octobre 2021. Inspiré de faits réels, du rapport étroit qu’elle entretient (malgré elle) à la mort, Enora Boëlle y joue sa propre finitude dans un texte co-écrit avec Robin Lescouët, collaborateur artistique régulier de ses projets.
Actuellement, elle amorce les recherches pour l’écriture de son prochain spectacle, Comme une fille. Elle sera rejointe par trois autres comédiennes. Ensemble elles exploreront ce qu’être fille signifie aujourd’hui.